Rapport d'Activités 2006

Encore une très bonne année pour la SSG, nous comptabilisons 219 sorties spéléo en 2006. Nous avons aussi profité de cette année pour faire une fête au cours de laquelle nous avons à nouveau exploré une cavité du Jura depuis longtemps oubliée : l’aven du Berger. Nous y avons effectué des images que nous avons projetées lors de grillades inoubliables au local de la société. Cette fête était aussi pour nous l’occasion de marquer le 75ème anniversaire de la SSG. Histoire de se souvenir de nos anciens, se réunissant dans un bar et jouant l’achat des échelles de corde aux cartes. Se souvenir aussi qu’à l’époque, parcourir le trajet qui menait à nos terrains de jeu était déjà une aventure en soi.

Mais revenons à 2006 et nos quelques explorations.

C’est au Mont Salève, en Haute-Savoie, que l’année commence le plus fort. Après avoir creusé entre Noël et Nouvel An, c’est le 2 janvier que nous ferons dans les 100 mètres de pointe à la grotte des Crânes. C’est le début d’une longue série de pointes qui verra la grotte des Crânes devenir courant 2006 la plus grande grotte du Mont Salève. Nous avons une petite pensée pour nos amis Lausannois avec la Grotte aux Fées, car bien que la grotte soit plus petite, presque chaque sortie nous réserve ses surprises. Nous n’avons d’ailleurs toujours pas fini de topographier une partie du réseau exploré en janvier, les pluies nous empêchant d’y retourner. Nous découvrons des galeries que nous nommons les Rues Basses ou les Antonios et des salles telles que la salle à Ken ou la salle de la Cathédrale. Nous avons même trouvé un lac avec une cascade. Serait-ce le lac tant cherché par les anciens ? Nous avons même songé y faire une parodie d’une publicité pour un produit de douche. La fille qui se prêtera au jeu est d’ailleurs toujours recherchée. Nous avons aussi eu droit à un secours avec deux membres de la société qui se sont retrouvés bloqués derrière une ancienne désobstruction transformée en siphon pour l’occasion. Puis c’est dans une autre branche de la grotte que nous perçons, et là aussi les pointes se succèdent. Avec des noms comme la salle Margot, le puits André, la galerie Agnès, la crypte, la salle de l’Amitié, le puits de l’Arena, la galerie des Bidochons et bien d’autres, nous augmentons petit à petit le développement de la cavité qui, d’environ 800 mètres en janvier a plus que doublé. Sur la fin de l’année, nous frôlons les 2 km avec ce qui doit encore être topographié. Un bivouac a aussi été installé dans les parties amont. L’utilisation de l’UGPS nous a permis de calibrer la topographie avec la surface. Une désobstruction est aussi entamée dans une faille avec courant d’air pas très loin de la Thuile. Nous sommes cependant encore loin des Crânes. Quelques séances de prospection aux abords de la grotte des Crânes ne donnent malheureusement pas grand-chose. Il faut dire que pour nous le Salève est une montagne où nous explorons la semaine. Dans le cas de la grotte des Crânes, ce n’est plus possible, des jonctions sont donc fortement recherchées.

Au Mont Salève, quelques autres désobstructions continuent comme au trou des Etournelles, au gouffre de Bellevue, à la grotte de Pâques ou à la résurgence de Clarnant. Un site d’entraînement est aussi aménagé par deux de nos membres à la Pierre à Papet. Il sera inauguré le 29 avril lors de notre traditionnelle journée d’exercices. Il faut compter aussi quelques visites aux grottes d’Archamps, du Seillon, de l’Ours et d’Aiguebelle.

Dans la région de Magland-Flaine, nous continuons nos sorties hivernales sur le Réseau de la Tête des Verds par le gouffre de la Poya. Au programme, il y a eu de la désobstruction dans les remontées du fond qui ne donneront pas grand-chose. Deux remontées sont terminées et une dernière demande encore quelques efforts. Mais le travail sera bientôt terminé dans cette zone. La première plongée au fond a lieu dans le S1 qui sera sorti après 20 mètres de longueur. Derrière, il y a 10 mètres suivis par un ressaut et un nouveau siphon. Faute de corde, la suite ne sera pas plongée ce jour là. La seconde plongée dans le S1 permettra de descendre le ressaut et de plonger dans ce second siphon parcouru sur 110 mètres sans être sorti. La suite des plongées sera pour la saison hivernale prochaine. Cette seconde plongée a aussi été le cadre d’un film pour la station de Flaine que nous avons d’ailleurs présenté au Congrès International de Plongée Souterraine. Une coloration est aussi effectuée dans ce réseau et confirme la sortie de l’eau à la résurgence de Magland. En fin d’année, une nouvelle plongée est effectuée dans le S5, ce siphon rejoint au bout de 70 mètres la portion parcourue au printemps et prolonge ensuite la zone noyée de 80 mètres supplémentaires. Ce siphon ne semble pas vouloir ressortir.

Dans la même région, la topographie de la grotte de Balme avance bien. Nous sommes tous reconnaissant envers Michel Vaucher de s’être attaqué à ce très gros travail. Les sorties topographies continuent donc en parallèle des sorties désobstructions et de vidange de siphon. Comme quoi, les meilleures finances que l’on trouve pour l’étude de cette cavité, on les doit aux caisses de retraite ! A la lecture des rapports de sortie, on peut dire que beaucoup de sacs sont évacués. On parle là bien entendu des matériaux issus des désobstructions et non des deux sorties passeport vacances qui ont été organisées par la société dans cette même grotte. Les grottes environnantes sont aussi visitées et retopographiées, des travaux de désobstruction y sont aussi entrepris. Michel aura droit à quelques frayeurs dans une de ces grottes en y rencontrant un problème de CO2.

Pas loin de Flaine, les séances de désobstructions continuent au trou des cyclistes, cette cavité à moins de 2 mètres de la route. Une nouvelle grotte est découverte et désobstruée, le gouffre de l’Epine.

Toujours en Haute-Savoie, des travaux de désobstructions continuent dans deux cavités de la commune d’Onnion, la grotte de Mégevette et la grotte du Vent de l’Ours.

Dans la vallée du Pertuis (encore en Haute-Savoie), les travaux de désobstruction continuent au gouffre des Elfes et au gouffre de l’Infirmière. Un camp est même organisé sur un week-end prolongé et nos amis sympathisent avec des personnes de Dingy montées fêter les 10 ans du chalet des bûcherons.

Dans le Jura, en plus de la visite de l’aven du Berger, nous prospectons un peu et une visite est faite à la grotte des Pachas. La désobstruction y semble difficile.

En Valais, au Sanetsch, nos explorations continuent aussi au Lapis-di-Bou. Le N°11 est exploré mais nécessite quelques désobstructions. Des travaux sont entrepris au N°12 qui est très prometteur, mais l’exploration en est laissée à une sortie interclub. A Tsanfleuron, le gouffre P51 est exploré jusqu’à -60 mètres et ne laisse aucun espoir de continuation. C’est au D1 que nous avons un projet de dépollution et nous en estimons la taille du chantier. Dans le gouffre des Hollandais, une faille avec courant d’air termine l’exploration à -100 mètres. Une descente est aussi faite au gouffre Doronic qui laisse envisager une suite intéressante.

Nous avons aussi fait une expédition printanière en Islande au cours de laquelle nous avons surtout parcouru la moitié de l’île à bord de gros 4x4 à pneus énormes. Nous avons finalement pu pendant cette semaine aquatique faire 3 heures de spéléo. Nous avions avec nous 4 recycleurs que nous avons utilisés pour parcourir env. 800 mètres en remontant la rivière chaude de la Volga. Au plus loin, le taux de CO2 a atteint les 11.5% et la température de l’eau les 44.5°C. Mais c’est la visibilité de 20 cm qui nous a surtout forcés à faire demi-tour et à ressortir. Cette exploration au recycleur était une première pour nous et nous en sommes tous très heureux et très fiers.

Le traditionnel camp de Schwytz a eu lieu du 5 au 12 août. Des travaux ont été entrepris dans le Cervelashöhle afin de sécuriser la zone de l’entrée pour prévoir les prochaines explorations en toute sécurité. Compte tenu de la météo très pluvieuse le camp sera finalement raccourci.

Hormis notre entraînement annuel, certains de nos membres ont participé aux exercices secours de la colonne 3 au local de Cheseaux, de la colonne de renfort au Hölloch et de la colonne de plongée aux grottes de Vallorbe, dont l'exercice consistait cette année à faire franchir à la civière le premier tronçon du S1.

L’actualité spéléologique veut que nous participions aussi à des interclubs. Avec le Spéléo-Club Mont-Blanc, certains de nos membres vont au gouffre Mikado et au gouffre Cristal. Avec nos amis Lausannois c’est deux sorties à la Grotte aux Fées dont une avec pointe et topographie dans un petit boyau. Un petit coup de main est donné aux copains pour ressortir des bouteilles de Longirod. Quelques uns de nos membres plongent et filment dans la grotte de Humpleu en Roumanie dont les explorations sont organisées par notre ami Philipp Häuselmann.

Côté visites, certains de nos membres ont été à la grotte de Milandre, à la Diau, à la rivière de Chauveroche, au gouffre Cathy, à la Buna, au canyon du Seran. Un camp de Pâques en Ardèche est organisé pour de magnifiques visites. Deux traversées sont parcourues dans le réseau de la Dent de Crolles et dans le réseau de Bunant. Nous avons aussi fait quelques initiations plongées et quelques exercices dans le S1 des grottes de Vallorbe. Quelques siphons du Lot ont vu passer les palmes de l’un de nos membres. Un copain du club a même envisagé quelques désobstructions dans la vallée des rois en Egypte, mais il y a finalement renoncé.

En « sorties » officielles quelques uns de nos membres ont participé à l’AD, des 6 et 7 mai en Appenzell ; au 20ème Rassemblement du CAF, du 25 au 28 mai sur le Causse Noir ; au 2ème Congrès International de Plongée Souterraine à St.-Nataire les 27 et 28 mai. Nous remercions les organisateurs de ces diverses manifestations.

Pour conclure ce long rapport, on peut dire que la SSG se porte bien. Nous avons eu moins de sorties spéléologiques en 2006 qu’en 2005, mais si nous arrivons à maintenir les 200 sorties par année, ce sera un bon rendement. Nous avons aussi de nombreux projets pour 2007 dont nous vous parlerons l’année prochaine.